{"id":122,"date":"2021-06-14T12:30:14","date_gmt":"2021-06-14T10:30:14","guid":{"rendered":"http:\/\/ntsafack.com\/?page_id=122"},"modified":"2021-06-14T12:30:15","modified_gmt":"2021-06-14T10:30:15","slug":"h-armigera-dans-les-parcelles-de-coton","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/ntsafack.com\/index.php\/h-armigera-dans-les-parcelles-de-coton\/","title":{"rendered":"H. armigera dans les parcelles de coton"},"content":{"rendered":"\n<h2>Abondance et origine trophique de la noctuelle de la tomate&nbsp;<em>Helicoverpa armigera<\/em>&nbsp;(H\u00fcbner 1808) (Lepidoptera&nbsp;: Noctuidae) dans les paysages ruraux de production cotonni\u00e8re au Nord B\u00e9nin.<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Mots cl\u00e9s : protection des cultures \u2013 h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 du paysage \u2013 pratiques agricoles &#8211; plante h\u00f4te- gosspyol- tomatine &#8211; isotope du carbone- ma\u00efs \u2013 sorgho \u2013 M\u00e9thodes des moindres carr\u00e9s partiels<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><br>Le d\u00e9fi principal des strat\u00e9gies de lutte agro\u00e9cologique est de concevoir des techniques de lutte \u00e9conomes en pesticides qui favorisent \u00e0 la fois la productivit\u00e9 et la durabilit\u00e9 des agrosyst\u00e8mes. Les \u00e9tudes peuvent se faire \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la parcelle en analysant les effets des pratiques agricoles et \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du paysage en analysant les effets des caract\u00e9ristiques du paysage sur la dynamique des populations des ravageurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le Nord B\u00e9nin (zone d\u2019\u00e9tude), les cotonculteurs sont encadr\u00e9s par des programmes nationaux. Ils appliquent des programmes de traitement bas\u00e9s sur un calendrier pr\u00e9d\u00e9fini pour lutter contre les ravageurs. <\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, plusieurs probl\u00e8mes d\u00e9coulent de cette strat\u00e9gie d\u2019utilisation abusive des pesticides. Ce sont les probl\u00e8mes de sant\u00e9 pour les agriculteurs, de pollution de l\u2019air, des sols et des nappes phr\u00e9atiques et l\u2019apparition de g\u00e8nes de r\u00e9sistance \u00e0 certains pesticides (pyr\u00e9thrino\u00efdes) chez les ravageurs, ce qui entraine l\u2019\u00e9rosion des rendements en coton dans cette r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte, Il est n\u00e9cessaire de mettre en place des strat\u00e9gies de lutte durables pour r\u00e9soudre les probl\u00e8mes suscit\u00e9s ou tout au moins ralentir la r\u00e9sistance des ravageurs aux pesticides, r\u00e9duire la pollution tout en am\u00e9liorant la qualit\u00e9 du coton ouest-africain. <\/p>\n\n\n\n<p>Des chercheurs du CIRAD, en collaboration avec leurs homologues des Centres nationaux de recherche agronomique, \u00e0 travers les \u00e9coles paysannes conseill\u00e9es par l\u2019Organisation des Nations Unies et la FAO (Food and Agriculture Organisation of the United Nations) ont initi\u00e9 les cotonculteurs \u00e0 la lutte int\u00e9gr\u00e9e (Prudent et al. 2006) mais des efforts restent cependant \u00e0 faire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019objectif principal de ma th\u00e8se \u00e9tait d\u2019analyser les effets des structures paysag\u00e8res et des pratiques agricoles sur l\u2019abondance d\u2019<em>H. armigera<\/em>\u00a0dans les parcelles de cotonnier dans le Nord B\u00e9nin (Tsafack et al., 2013, 2016).<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"https:\/\/3.bp.blogspot.com\/-jfpjPvG8iu8\/WqhqTC66TSI\/AAAAAAAAAeY\/fYhm_Jau36Uca6qrN0aZlU8Nhd4b12m1QCLcBGAs\/s1600\/fig1.png\"><img src=\"https:\/\/3.bp.blogspot.com\/-jfpjPvG8iu8\/WqhqTC66TSI\/AAAAAAAAAeY\/fYhm_Jau36Uca6qrN0aZlU8Nhd4b12m1QCLcBGAs\/s640\/fig1.png\" alt=\"\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>D\u2019une part je me suis int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 l\u2019infestation ponctuelle (comptage des larves dans la parcelle) et d\u2019autre part \u00e0 une infestation diff\u00e9r\u00e9e (abondance et origine trophique des adultes).<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"https:\/\/4.bp.blogspot.com\/-nQjkWI7YKCw\/WqhsLekpR1I\/AAAAAAAAAek\/Gd_56ppv54AAFBC-YEynoTP4_317cJ79wCEwYBhgL\/s1600\/fig2-2.png\"><img src=\"https:\/\/4.bp.blogspot.com\/-nQjkWI7YKCw\/WqhsLekpR1I\/AAAAAAAAAek\/Gd_56ppv54AAFBC-YEynoTP4_317cJ79wCEwYBhgL\/s640\/fig2-2.png\" alt=\"\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>Quatre questions ont guid\u00e9 mon travail de th\u00e8se&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ol><li>D\u2019o\u00f9 viennent les populations d\u2019<em>H. armigera<\/em>&nbsp;observ\u00e9es pendant les pics d\u2019infestation dans les parcelles de cotonnier ? Les individus sont-ils issus des populations migrantes venant du sud du B\u00e9nin ou des populations locales ? (Partie 2)<\/li><li>&nbsp;Quels sont les facteurs locaux (pratiques agricoles sur la parcelle) qui influencent l\u2019infestation d\u2019<em>H. armigera<\/em>&nbsp;? (Partie 3)<\/li><li>Quels sont les \u00e9l\u00e9ments du paysage qui ont un effet sur l\u2019abondance du ravageur ? (Partie 3 et 4)<\/li><li>Quels \u00e9l\u00e9ments du paysage d\u00e9terminent l\u2019origine trophique des adultes pi\u00e9g\u00e9s dans un paysage? (Partie 4)<\/li><\/ol>\n\n\n\n<p>Une grande partie de ma th\u00e8se a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e \u00e0 mettre au point les m\u00e9thodes qui m\u2019ont servi par la suite pour r\u00e9pondre aux questions ci-dessus.<br><strong>Quels sont les facteurs locaux (pratiques agricoles sur la parcelle) et les \u00e9l\u00e9ments du paysage qui influencent l\u2019infestation d\u2019<em>H. armigera<\/em>&nbsp;? Tsafack et al, 2013<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"https:\/\/2.bp.blogspot.com\/-RIWzvJfFZ5g\/WqhtAgJ58PI\/AAAAAAAAAes\/Ty-_gLWBvAwV9RGR9UJApGpr-r5y8A1iQCLcBGAs\/s1600\/fig5.png\"><img src=\"https:\/\/2.bp.blogspot.com\/-RIWzvJfFZ5g\/WqhtAgJ58PI\/AAAAAAAAAes\/Ty-_gLWBvAwV9RGR9UJApGpr-r5y8A1iQCLcBGAs\/s640\/fig5.png\" alt=\"\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>Sur la base de la litt\u00e9rature disponible sur les effets du paysage sur les ravageurs et la biologie d&#8217;<em>H. armigera<\/em>, nous avons construit un protocole en fonction du type de couvert v\u00e9g\u00e9tal qui pouvait avoir un effet sur l\u2019abondance des larves. Nous avions ainsi quatre types de paysages ; les paysages de grandes proportions de (i) coton&nbsp;; sachant que les parcelles de coton autour d\u2019une parcelle cible pourraient augmenter l\u2019abondance de larves d\u2019<em>H. armigera<\/em>&nbsp;dans celle-ci. (ii) ma\u00efs, sachant que c\u2019est l\u2019une des plantes h\u00f4tes cultiv\u00e9es avec (iii) la tomate&nbsp;; et (iv) la v\u00e9g\u00e9tation naturelle. En plus de ces facteurs paysagers, nous avons \u00e9galement retenu l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 sachant que&nbsp;<em>H. armigera<\/em>&nbsp;est un polyphage. La couverture v\u00e9g\u00e9tale dans un rayon de 500 m autour de la parcelle s\u00e9lectionn\u00e9e a \u00e9t\u00e9 relev\u00e9e \u00e0 l\u2019aide d\u2019un GPS et des fonds de cartes d\u2019images Google Earth, puis digitalis\u00e9e \u00e0 l\u2019aide d\u2019ArcGIS pour extraire finalement les proportions en surface pour les analyses statistiques.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"https:\/\/2.bp.blogspot.com\/-HlerZ-8CxAM\/Wqhtm51PKmI\/AAAAAAAAAe4\/chALpL_Lxbw6PFDr2VZjqt3dSpYyeYRkgCLcBGAs\/s1600\/fig11.png\"><img src=\"https:\/\/2.bp.blogspot.com\/-HlerZ-8CxAM\/Wqhtm51PKmI\/AAAAAAAAAe4\/chALpL_Lxbw6PFDr2VZjqt3dSpYyeYRkgCLcBGAs\/s640\/fig11.png\" alt=\"\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>Par ailleurs \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la parcelle, nous avons pos\u00e9 l\u2019hypoth\u00e8se selon laquelle (i) le sarclage manuel r\u00e9duirait les infestations parce que les chrysalides dans le sol seraient d\u00e9truites. Nous avons \u00e9galement consid\u00e9r\u00e9 (ii) la date de semis et (iii) le pr\u00e9c\u00e9dent cultural qui pourraient influencer l\u2019abondance de larves. Ces variables ont \u00e9t\u00e9 relev\u00e9es suite \u00e0 l\u2019enqu\u00eate que j\u2019ai men\u00e9e aupr\u00e8s des propri\u00e9taires des parcelles de cotonnier s\u00e9lectionn\u00e9es.Pour mettre en \u00e9vidence les effets conjoints des pratiques agricoles et de la composition du paysage,&nbsp; j\u2019ai utilis\u00e9 l\u2019approche th\u00e9orique de l\u2019information d\u00e9velopp\u00e9e par Burnham and Anderson (2002). Cette m\u00e9thode statistique m\u2019a permis de d\u00e9terminer l\u2019importance relative de chaque variable (pratiques agricoles et variables paysag\u00e8res) pour expliquer l\u2019abondance des larves d\u2019<em>H. armigera<\/em>&nbsp;dans les parcelles de cotonnier.Il ressort de cette \u00e9tude que&nbsp;<strong>les pratiques agricoles sont les variables les plus importantes<\/strong>&nbsp;qui d\u00e9terminent l\u2019infestation d\u2019<em>H. armigera<\/em>&nbsp;dans les parcelles de cotonnier. Nous avons \u00e9galement mis en \u00e9vidence un effet positif et significatif du&nbsp;<strong>pr\u00e9c\u00e9dent cultural<\/strong>&nbsp;sur l\u2019abondance des larves d\u2019<em>H. armigera<\/em>&nbsp;dans les parcelles de cotonnier s\u00e9lectionn\u00e9es. Les parcelles qui avaient un pr\u00e9c\u00e9dent cultural tomate \u00e9taient les plus infest\u00e9es. Nibouche (1994) avait montr\u00e9 au Burkina Faso qu\u2019<em>H. armigera<\/em>&nbsp;pouvait rester longtemps en diapause. Nous supposons donc que les parcelles de cotonnier ayant un pr\u00e9c\u00e9dent cultural tomate h\u00e9ritent des individus d\u2019<em>H. armigera<\/em>&nbsp;diapausants, lesquels apr\u00e8s \u00e9mergence se reproduisent dans les parcelles o\u00f9 ils ont diapaus\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"https:\/\/4.bp.blogspot.com\/-V8gqH2WBBUc\/WqhuNOhO6MI\/AAAAAAAAAfA\/TJNoPraAD5IyPxdHXhR5IV78M4LAGMFNgCLcBGAs\/s1600\/fig8.png\"><img src=\"https:\/\/4.bp.blogspot.com\/-V8gqH2WBBUc\/WqhuNOhO6MI\/AAAAAAAAAfA\/TJNoPraAD5IyPxdHXhR5IV78M4LAGMFNgCLcBGAs\/s640\/fig8.png\" alt=\"\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Importance relative des variables pr\u00e9dictives qui expliquent l\u2019abondance d\u2019<\/em>H. armigera<em>. (Tsafack et al, 2013)<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"https:\/\/2.bp.blogspot.com\/-6p0YIXtdJD4\/Wqhu00L3t5I\/AAAAAAAAAfM\/i9yIRB9xl6c24s9eZ2DvE9F-KEVSFTo0ACLcBGAs\/s1600\/fig9.png\"><img src=\"https:\/\/2.bp.blogspot.com\/-6p0YIXtdJD4\/Wqhu00L3t5I\/AAAAAAAAAfM\/i9yIRB9xl6c24s9eZ2DvE9F-KEVSFTo0ACLcBGAs\/s640\/fig9.png\" alt=\"\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Taux d\u2019infestation d\u2019<\/em>H. armigera<em>&nbsp;(nombre de cotonniers infest\u00e9s par nombre total de cotonniers observ\u00e9s). Les lettres indiquent les diff\u00e9rences statistiques du test de Mann-Whitney r\u00e9alis\u00e9 entre les diff\u00e9rents pr\u00e9c\u00e9dents culturaux. (Tsafack et al, 2013)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019\u00e9chelle du paysage,\u00a0<strong>la pr\u00e9sence de cotonnier et de tomate dans le paysage favorise l\u2019abondance d\u2019<em>H. armigera<\/em><\/strong>. L\u2019hypoth\u00e8se de la concentration des ressources d\u00e9velopp\u00e9e par Root (1973) selon laquelle les herbivores seraient abondants et susceptibles de s\u2019installer dans les paysages \u00e0 forte concentration de ressources est v\u00e9rifi\u00e9e dans cette \u00e9tude. En effet, nous avons mis en \u00e9vidence une relation significative et positive entre l\u2019abondance des larves d\u2019<em>H. armigera<\/em>\u00a0et la proportion de cotonnier dans l\u2019environnement paysager des parcelles de cotonniers \u00e9tudi\u00e9es. De m\u00eame, nos r\u00e9sultats montrent que la proportion de tomate dans le paysage avait un effet significatif sur l\u2019abondance des larves. Ces r\u00e9sultats corroborent ceux des \u00e9tudes sur le comportement d\u2019<em>H. armigera<\/em>\u00a0pendant la ponte. Cunningham et al. (1999) et Zalucki et al. (2012) ont montr\u00e9 que les femelles d\u2019<em>H. armigera<\/em>\u00a0pondaient sur les sites o\u00f9 elles trouvaient elles-m\u00eames des ressources nutritives (nectar pour les adultes).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le r\u00f4le ambivalent de la v\u00e9g\u00e9tation naturelle.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs \u00e9tudes ont montr\u00e9 que la v\u00e9g\u00e9tation naturelle en constituant un refuge pour les ennemis naturels favorisait une r\u00e9gulation naturelle des ravageurs (Chaplin-Kramer et al. 2011). L\u2019introduction des \u00e9l\u00e9ments naturels dans les paysages agricoles est de ce fait pr\u00e9conis\u00e9e par les strat\u00e9gies de gestion int\u00e9gr\u00e9e des ravageurs. Cependant, certaines \u00e9tudes ont montr\u00e9 que pour certains ravageurs comme les m\u00e9lig\u00e8thes (Zaller et al. 2008) ou les pucerons (Roschewitz et al. 2005), la pr\u00e9sence des \u00e9l\u00e9ments naturels dans le paysage pouvait plut\u00f4t avoir un effet positif sur l\u2019abondance des ravageurs. Notre \u00e9tude montre qu\u2019il en est de m\u00eame pour\u00a0<em>H. armigera<\/em>. La proportion de v\u00e9g\u00e9tation naturelle est positivement corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 l\u2019abondance des larves d\u2019<em>H. armigera<\/em>\u00a0dans les parcelles de cotonnier. Nibouche (1994) a montr\u00e9 qu\u2019une adventice \u00ab\u00a0Cleome viscosa\u00a0\u00bb pr\u00e9sente dans la v\u00e9g\u00e9tation naturelle au Burkina Faso \u00e9tait infest\u00e9 d\u2019<em>H. armigera<\/em>\u00a0d\u00e8s le d\u00e9but de la saison de pluies. Nous n\u2019avons pas eu l\u2019opportunit\u00e9 de v\u00e9rifier la composition de la v\u00e9g\u00e9tation naturelle entourant les parcelles de cotonnier dans le nord B\u00e9nin, mais il est possible qu\u2019elle soit compos\u00e9e de Cleome viscosa ce qui expliquerait l\u2019effet significatif et positif de la proportion de v\u00e9g\u00e9tation naturelle sur l\u2019abondance des larves d\u2019<em>H. armigera<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Implications des r\u00e9sultats de l\u2019\u00e9tude pour la gestion int\u00e9gr\u00e9e d\u2019<em>H. armigera<\/em>\u00a0dans la filiere cotonni\u00e8re dans le nord B\u00e9nin.<\/strong><br>Cette \u00e9tude montre l\u2019importance des pratiques agricoles et de la composition du paysage pour l\u2019am\u00e9lioration des programmes de lutte contre\u00a0<em>H. armigera<\/em>. Elle a permis de mettre en lumi\u00e8re l\u2019effet des pratiques agricoles sur l\u2019infestation de\u00a0<em>H. armigera<\/em>\u00a0dans les parcelles de cotonnier. Nous avons montr\u00e9 que les parcelles sem\u00e9es tardivement ainsi que celles les plus sarcl\u00e9es \u00e9taient les moins infest\u00e9es et que le pr\u00e9c\u00e9dent cultural tomate favorisait l\u2019infestation. De plus concernant la composition du paysage, nous avons montr\u00e9 que les parcelles de cotonnier entour\u00e9es de paysages compos\u00e9s de fortes concentrations en cotonniers et celles qui \u00e9taient entour\u00e9es de tomates \u00e9taient les plus infest\u00e9es. Par ailleurs, la pr\u00e9sence de v\u00e9g\u00e9tation naturelle favorise aussi l\u2019infestation. A l\u2019inverse, la pr\u00e9sence de ma\u00efs n\u2019avait pas d\u2019effet significatif sur l\u2019abondance des larves. La relation \u00e9tant n\u00e9gative, nous pr\u00e9conisons de privil\u00e9gier le ma\u00efs autour des parcelles de cotonnier plut\u00f4t que du cotonnier ou de la tomate.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quels sont les d\u00e9terminants paysagers de l\u2019abondance et de l\u2019origine trophique d\u2019<em>H. armigera<\/em>&nbsp;dans les parcelles de cotonnier au Nord Benin? Tsafack et al, 2016<\/strong>Apres l\u2019\u00e9tude des causes d\u2019une infestation ponctuelle (\u00e9tude pr\u00e9c\u00e9dente), je me suis int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 une infestation diff\u00e9r\u00e9e. J\u2019ai \u00e9tudi\u00e9 les d\u00e9terminants paysagers de l\u2019abondance et de l\u2019origine trophique des adultes d\u2019<em>H. armigera<\/em>. Dans cette partie de ma th\u00e8se, j\u2019ai \u00e9tudi\u00e9 l\u2019influence de la composition (proportion des diff\u00e9rentes plantes h\u00f4tes majoritaires) et de l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 du paysage (indice de diversit\u00e9 de Shannon).<em>H. armigera<\/em>&nbsp;est un ravageur qui peut se d\u00e9placer sur de longues distances, de l\u2019ordre du millier de kilom\u00e8tres (Feng et al. 2009) ou sur de petites distances lorsque les conditions sont favorables comme c\u2019est le cas dans les zones tropicales. Pour comprendre les d\u00e9placements de routine peu connus pour ce ravageur et l\u2019utilisation de la ressource dans un paysage agricole nous avons consid\u00e9r\u00e9 la composition et l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 du paysage sur trois \u00e9chelles 100 m, 250 m et 500 m.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"https:\/\/2.bp.blogspot.com\/-yBscWvkr9mo\/WqhvOVfanVI\/AAAAAAAAAfQ\/H9KwpnFb06onyODCEWBqFsibxG1L7gFUgCLcBGAs\/s1600\/fig10.png\"><img src=\"https:\/\/2.bp.blogspot.com\/-yBscWvkr9mo\/WqhvOVfanVI\/AAAAAAAAAfQ\/H9KwpnFb06onyODCEWBqFsibxG1L7gFUgCLcBGAs\/s640\/fig10.png\" alt=\"\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Trois \u00e9chelles de Buffer imbriqu\u00e9es de diam\u00e8tre 100m, 250m et 500m centre sur la parcelle de cotonnier s\u00e9lectionn\u00e9e.<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"https:\/\/3.bp.blogspot.com\/-4TbzXgicqNo\/Wqhwbg8qszI\/AAAAAAAAAfg\/2IGLRKpieTwfIbTbHG4_jC1l5apf7YdPwCLcBGAs\/s1600\/fig%2B8.png\"><img src=\"https:\/\/3.bp.blogspot.com\/-4TbzXgicqNo\/Wqhwbg8qszI\/AAAAAAAAAfg\/2IGLRKpieTwfIbTbHG4_jC1l5apf7YdPwCLcBGAs\/s640\/fig%2B8.png\" alt=\"\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>Nous avons s\u00e9lectionn\u00e9 37 parcelles (17 en 2011 et 20 en 2012) o\u00f9 nous avons r\u00e9alis\u00e9 des pi\u00e9geages lumineux afin de capturer des adultes d\u2019<em>H. armigera<\/em>. Les parcelles \u2013 les m\u00eames que dans l\u2019\u00e9tude pr\u00e9c\u00e9dente \u2013 ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9es selon un gradient de diversit\u00e9 paysager suivant quatre crit\u00e8res exclusifs\u00a0: \u226550% de cotonnier, \u226550% de ma\u00efs, \u226550% de v\u00e9g\u00e9tation naturelle et la pr\u00e9sence de parcelles de tomates tout autour.Afin de d\u00e9terminer l\u2019origine trophique des individus pi\u00e9g\u00e9s (C3 ou C4), nous avons analys\u00e9 la composition d\u2019isotopes stables de carbone sur les ailes. Nous avons ensuite analys\u00e9 le signal gossypol sur les individus qui avaient une signature C3 afin de d\u00e9terminer la proportion d\u2019individus qui avaient pass\u00e9 leur vie larvaire sur le coton. Le gossypol est un glycoalcalo\u00efde sp\u00e9cifique au cotonnier.Pour cette \u00e9tude, j\u2019ai choisi d\u2019utiliser la r\u00e9gression lin\u00e9aire g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e des moindres carr\u00e9s partiels (PlsGLM, Tsafack et al, 2016).<\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9sultats montrent que l\u2019\u00e9chelle de 500 m est celle qui explique le mieux l\u2019abondance et l\u2019origine trophique d\u2019<em>H. armigera<\/em>\u00a0dans le paysage. L\u2019l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 du paysage est la variable cl\u00e9 qui explique le mieux l\u2019abondance et l\u2019origine trophique d\u2019<em>H. armigera<\/em>\u00a0dans le paysage. L&#8217;effet des plantes h\u00f4tes (cotonnier, tomate, ma\u00efs ou sorgho) est moindre et varie en fonction de l\u2019\u00e9chelle paysag\u00e8re et de l\u2019ann\u00e9e consid\u00e9r\u00e9es. Contrairement \u00e0 ce qui \u00e9tait attendu, nous n\u2019avons pas observ\u00e9 d\u2019effet de la v\u00e9g\u00e9tation naturelle ni sur l\u2019abondance ni sur l\u2019origine trophique d\u2019<em>H. armigera<\/em>.Cette \u00e9tude sugg\u00e8re que c\u2019est davantage la diversit\u00e9 en plantes h\u00f4tes \u00e0 une \u00e9chelle de 500 m qui favorise l\u2019abondance d\u2019<em>H. armigera<\/em>\u00a0que les plantes h\u00f4tes individuellement. La gestion du ravageur\u00a0<em>H. armigera<\/em>\u00a0devrait donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e non seulement \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle de la parcelle mais aussi en int\u00e9grant la diversit\u00e9 en plantes h\u00f4tes dans le paysage.<\/p>\n\n\n\n<h4>R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/h4>\n\n\n\n<p>Burnham KP, Anderson DR. 2002. Model selection and multimodel inference: a practice information-theoretic approach. 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